C’est parti pour Les Sables – Les Açores – Les Sables : En route pour Horta !

 

C’est parti pour Les Sables – Les Açores – Les Sables : En route pour Horta !
Course au Large (France)

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Comme prévu, ce dimanche à 13h02, le coup d’envoi de la 7e édition des Sables – Les Açores – Les Sables a été donné dans un flux de sud sud-ouest soufflant entre 7 et 10 nœuds, sur une mer plate. Les 54 Ministes en lice (38 Série et 16 Proto) se sont ainsi élancés pour la première étape de l’épreuve, un morceau de 1 270 milles à destination d’Horta. Si Paul Cloarec (Williwaw) a pris le meilleur départ, Ambrogio Beccaria (Geomag) a rapidement pris le commandement de la flotte, bouclant le petit parcours de dégagement mouillé en baie des Sables d’Olonne en tête, après un peu plus d’une heure de course, assumant d’emblée son statut de favori. Reste que les dés sont évidemment loin d’être jetés car ce qui attend maintenant le navigateur Italien et ses concurrents n’a rien de simple. En effet, si le scénario semble assez clair pour les quatre prochains jours, la suite demeure bien plus incertaine. De quoi garantir quelques surprises, mais aussi une course plutôt longue, les derniers routages estimant les premières arrivées autour du 30 juillet à Faial.

« Sur cette première étape, on ne sait vraiment pas à quoi s’attendre. Ça ne sert donc à rien de faire des plans sur la comète. On fera avec ce qu’on a », a commenté Vincent Busnel (Quéguiner – Leucémie Espoir) ce matin, conscient que ce qui les attend, lui et ses adversaires, sur la route des Açores, ne sera pas simple. « Pour les quatre prochains jours, c’est relativement clair et assez calme. C’est la suite qui pose question. Un passage de front est annoncé pour la journée de jeudi. A priori, il devrait être peu actif mais cela reste à confirmer car pour l’instant, les modèles divergent. Et après ? Eh bien, pour le moment, il y a un peu de tout », a confirmé Bernard Sacré de Great Circle. Difficile, dans ce contexte, de faire des prévisions même si l’on peut d’ores et déjà affirmer que cette première étape risque de trainer un peu en longueur. « Les routages laissent augurer d’une arrivée en dix ou douze jours pour les premiers », a avancé Valentin Gautier (Shaman / Banque du Léman), auteur d’une belle entrée en matière, ce dimanche après-midi. Annoncé comme l’un des hommes forts de la course, le navigateur suisse a, en effet, bien bataillé sur le premier bord avec Ambrogio Beccaria (Geomag) avant de se faire légèrement décrocher par le skipper italien, plus prompt que lui à changer de voile d’avant avant de mettre franchement le cap au large.

Une entame relativement tranquille
A ce stade de la course, les écarts étaient cependant infimes entre les premiers et les derniers, y compris avec le marin Allemand Sascha Bade (Salt), contraint de revenir franchir la ligne après avoir volé le départ. Seul le Russe Fedor Druzhinin (Kids 4 Freedom), confronté à des soucis de connecteur de pilote automatique puis contraint de revenir au port pour réparer, a cumulé du retard à l’allumage (à 15h30 il n’était toujours pas reparti). « C’est frustrant d’avoir un problème comme celui-là avant même le départ d’une course. Pour moi l’objectif reste la qualification pour la Mini Transat mais ce n’est évidemment pas facile pour le moral de partir avec plusieurs heures de retard sur le reste de la flotte, même si je garde espoir que les conditions météo délicates annoncées jouent finalement en ma faveur pour combler une partie du temps perdu », a déclaré Fedor, bien conscient malgré tout qu’il ne sera pas facile de revenir car les premiers milles vont se jouer dans de petits airs, en l’occurrence un flux de sud-ouest de 5 à 7 nœuds qui va progressivement tourner à l’ouest, avant l’arrivée d’une dépression thermique positionnée sur l’Espagne et le Portugal. « Ça ne veut pas forcément dire qu’ils vont aller se coller sur le cap Finisterre. Les options restent ouvertes », a assuré Bernard Sacré. Voilà qui promet d’être intéressant à vivre… et à suivre.

©Christophe Breschi / SAS2018

Ils ont dit:

François Jambou skipper de Team BFR Marée Haute : « Ce qui nous attend n’est pas simple, mais c’est pareil pour tout le monde. Il va falloir faire avec. L’avantage, c’est qu’il n’y a rien de dangereux de prévu. Ainsi, personne ne part avec la boule au ventre. En revanche, tout le monde part avec la peur de se prendre une rouste en termes de résultat et celle de se faire allumer dans du vent fort sur la fin du parcours. Dans un premier temps, le but sera de jouer les placements par rapport aux différents petits phénomènes localisés. Je pense qu’il va y avoir moyen de s’arrêter dans un trou de vent et de voir les autres partir. Pour le moral, ça risque d’être un peu dur. Il faudra faire attention à ça. Il faudra également être vigilant lors du petit parcours de dégagement en baie car c’est toujours un moment où on peut abîmer le bateau et faire des bêtises. »

Patrick Jaffré, skipper de Projet Pionner : « Ça va être au petit bonheur la chance, a priori. Il va falloir faire au plus simple, en espérant que le mou ne soit pas sur la route directe et que les autres ne passent pas sur les côtés. En Mini, il n’y a généralement jamais trop d’écarts entre les bateaux. Mais il n’est pas impossible qu’un ou deux irréductibles tentent des gros coups. On part pour au moins dix jours de mer. Si on voit que ça risque d’être un peu plus long, on va préserver la nourriture ce qui va se faire naturellement avec la chaleur. »

Ambrogio Beccaria, skipper de Geomag : « On ne sait vraiment pas à quoi s’attendre sur cette première étape. La météo est un peu bizarre. Souvent, le mieux, quand on ne sait pas, c’est d’aller tout droit ! Plus sérieusement, on écoutera la BLU et on fera notre stratégie. Les deux premiers jours, c’est assez clair, même si c’est mou. Il ne faudra pas perdre de vue que la course pourra durer longtemps et s’adapter. L’objectif, pour moi, c’est la victoire, mais c’est surtout de gagner le Championnat de France de course au large en solitaire cette année. Aussi, si je termine dans les 3 ou 5 premiers, ça devrait être suffisant alors je ne me mets pas trop de pression. »

Sébastien Guého, skipper de Sébastien Guého – Mini Transat 2019 #dlbsls : « C’est la première fois que je vais faire autant de large. Ça fait un peu flipper car ce n’est pas les mêmes échelles que sur les côtiers. Moi, j’ai fait cinq Tour de France à la Voile et ça n’a rien à voir. Pour le reste, on fera avec la météo. Mon but, c’est d’arriver au bout pour faire ma qualif. J’espère juste qu’on ne se prendra pas la dépression prévue sur la fin et que si c’est le cas, ce ne sera pas trop fort. »

Erwan Le Méné, skipper de Rousseau clôtures : « On sait à peu près où on va sur les quatre premiers jours et après, c’est une interrogation mais je pense que ça va être une mise en jambe assez calme, ce qui va nous laisser le temps de se mettre dedans. J’ai hâte de refaire du large après la Mini Transat de l’année dernière qui a eu un goût de trop peu pour moi (il a abandonné lors de la première étape après avoir arraché son tableau arrière, ndlr). J’ai vraiment envie d’y retourner et de me faire plaisir sur neuf-dix jours tout seul sur le bateau. Je crois que le titre de Champion de France va se jouer sur cette course car les coefficients sont importants. J’ai fait quelques petits calculs savants avant de partir et je sais que c’est surtout avec François Jambou que ça va se jouer. Il va donc falloir que j’arrive à finir devant lui au moins à une étape sinon ce sera foutu. En clair, je sais ce que j’ai à faire. »

Valentin Gautier, skipper Shaman / Banque du Léman : « Je pense que le chemin est assez calé. Les systèmes moteurs généraux sont assez définis. Après, le truc c’est de savoir dans quel timing et à quelle latitude ça va se passer. Il faudra surveiller la deuxième dépression car elle peut potentiellement s’évanouir ou se creuser. Ça peut être un peu une bombe à retardement. Il ne faut pas oublier que c’est une course au temps. C’est ça qui est important. La deuxième étape sera probablement le juge de paix, vu comment s’est parti. Le tout, ce sera de ne pas prendre une grosse bâche sur la première car je pense qu’on va plus subir les éléments qu’aller les chercher. Dans ce contexte, il va peut-être y avoir des écarts à certains moments mais il est très possible qu’on arrive à Horta assez groupés. »

Kévin Bloch, skipper de ENSTA Bretagne : « Je me sens super bien. C’est un rêve alors c’est top d’y aller. Après, c’est incertain ce qui va nous arriver mais on y va dans tous les cas pour se faire plaisir. On part dans des conditions tranquilles et ça me va bien parce que c’est ma première au large. Et pour moi, on part vers des terres inconnues. J’ai différents objectifs, notamment de travail, mais j’aimerais bien faire une belle trace. Je ne regarde pas trop le classement mais ce qui est bien c’est qu’avec nos Pogo 2, dans les petits airs, on ne devrait pas être moins rapide pour les autres avec leurs bateaux plus récents. Si on navigue bien, on devrait jouer avec eux. On va s’amuser et on verra bien à Horta. Je ne sais pas du tout si la flotte va s’éclater ou rester groupée. Ce que j’espère c’est ne pas arriver avec deux jours de retard ! ».

Ordre de passage à la bouée de dégagement :
1. Ambrogio Beccaria (Geomag)
2. Valentin Gautier (Shaman / Banque du Léman)
3. François Jambou (Team BFR Marée Haute)* – 1er Proto
4. Amélie Grass (Tyrion)
5. Vincent Busnel (Quéguiner – Leucémie Espoir)*
6. Pierre Le Roy (Arthur Loyd)
7. Guillaume L’Hostis (Alternative Sailing – Constructions du Belon)
8. Matthieu Vincent (L’Occitance en Provence)
9. Camille Taque (Foxsea Lady)*
10. Julien Letissier (Kerno.bzh-julecourseaularge)

*Proto

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